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ARLES dimanche 27 mars 2005

 

Arènes d'Arles :  troisième corrida de la feria de Pàques

Temps : ciel partiellement nuageux.

Entrée : 11000

Toros : Hubert YONNET, 535, 520, 525, 525, 545 et 515kgs.

El Fundi (corail des îles de la Sonde et or) : oreille et un avis avec saluts.

Denis Loré (olive de Jaen et or) : oreille et oreille

Juan José Padilla (layette et or avec parements noirs) : saluts et un avis avec division d'opinion.  

 

Article Midi Libre du 28 mars 2005

   

 LORÉ SORT VAINQUEUR D'UNE BELLE CORRIDA DE YONNET!

Denis Loré, auteur des meilleures séquences du jour.

 

Le bétail Français était encore à l'honneur quelques heures plus tard, puisque six toros du Camarguais Hubert Yonnet étaient à l'affiche.

On commencera par la fin, en confirmant que les rêves de l'éleveur ont été comblés. L'après-midi ne s'est-elle pas terminée en sa compagnie, le temps d'un tour de piste très fêté ? Et mérité puisque ce lot, très bien présenté, montra une bravoure constante et un allant jamais démenti. Avec la dose de piquant nécessaire à ces combats âpres, mais suffisamment mesurée pour que le torero puisse s'exprimer.

   

El Fundi s'en acquitta en professionnel aguerri à ce type de joutes, donnant même une leçon de technique devant le difficile quatrième qu'il finit par soumettre.

   

Juan José Padilla a mis le feu par intermittence, dès la sortie de son premier, ou avec le show 100% macho réservé au dernier du jour. Domage qu'il se soit limité à cela, ce très bon toro permettait beaucoup plus.

   

Mais c'est Denis Loré qui est sorti grand vainqueur de cette très intéressante corrida. Il fut centré, sérieux et classique avec son premier qu'il domina dès un début de faenas supérieur. Il offrit ensuite au public les meilleures séquences de ce dimanche, avec son second, notamment le temps de deux profondes et suaves séries de lentes naturelles. Le torero nîmois ne pouvait pas mieux lancer sa saison.

                                                                                                                             Vincent COSTE

    

Photos : Alain DAMIE

CORRIDA.NET

    

Que restera-t-il de cette feria pascale tombée très tôt dans le calendrier et dont l'affluence s'est légèrement tassée par rapport à l'édition précédente ? Quelques satisfactions mais aussi pas mal de soucis.

Au rayon des satisfactions, la principale est sans aucun doute le rôle joué par les français, à commencer par les ganaderos : trois lots, trois succès, trois ganaderos ou mayorals en piste. Il faut bien sûr nuancer cette impression générale, et préciser que le plus fêté des trois lots, celui de Hubert Yonnet, fut aussi le plus discutable en qualité. Mais face aux toros durs, mobiles et rageusement encastés de la Bélugue il y avait trois toreros aguerris et décidés, ce qui explique que la corrida ait été suivie de bout en bout avec intérêt par le public le plus torista de la feria. Mais il serait injuste d'attribuer tout le mérite de cette corrida intense aux seuls toros qui avec d'autres toreros n'auraient probablement pas autant brillé.

...

Dans les satisfactions françaises il faut relever aussi le succès de Denis Loré qui fut réellement important face à deux adversaires compliqués de Yonnet, le sitio et l'aguante de Castella peu aidé par ceux de Victoriano del Rio, et le retour digne de Juan Bautista.

        

NÎMES 12 mai 2005

Arènes de Nîmes :  deuxième corrida de la feria de Pentecôte

Temps : ciel couvert puis se dégageant.

Durée : 2 H 15

Entrée : 5000

Toros : Baltazar Iban, 490, 495, 577, 532, 551 et 592 kgs.

El Fundi (De profundis et or avec parements noirs) : saluts, silence et silence.

Denis Loré (Coulommiers au lait cru et or) : oreille, oreille et saluts

  

Midi Libre :

Le premier triomphe de la feria pour Denis Loré - Le Coeur et la flamme, et deux oreilles pour Loré.

La Provence :

Feria : le premier triomphe est Nîmois - Denis Loré sort grandi du 1er mano a mano

La Marsellaise :

Maestro Loré !

Face à un lot de Baltazar Iban compliqué, le Nîmois a montré qu'il était dans la plénitude de sa carrière

Merci Monsieur Loré !!!

La Dépèche :

Loré plus fort que le diable

Corrida TV :

Nîmes, triomphe magistral de Denis Loré, qui sort en triomphe par la porte des cuadrillas

Toro 2000 :

Nîmes : "AVANT...ET APRÉS LE 12 MAI 2005"

Corridas.net :

Nîmes : Deux oreilles pour un Loré en figura

Toreria.net :

Un grand D. Loré

Burladerodos.com :

Loré, mágica conjunción de valor y técnica

 

Article Sud-Ouest du 13 mai 2005

   

FICHEZ-MOI LA PAIX !

 

Fort bien charpenté, l'envoi de l'éleveur Baltasar Iban ou, mieux dit, de ses héritiers, s'est composé de deux bêtes acceptables (deuxième et quatrième) et du restant nettement plus compliqué. Braves en général à la pique (douze assauts), ces toros, d'une présentation physique irréprochable, ont parfois déçu au niveau de la motricité.
Sept véroniques plus serrées que les corsets de Gina Lollobrigida ouvrent le bal au deuxième animal.

 

       

Photos : Alain DAMIE

     

On sent que Denis Loré a dévoré vingt-six côtelettes de Lyon au petit déjeuner. Les véroniques à peine finies, il se jette à genoux et boucle une demie à rallumer l'Etna. Omniprésent dans la lidia on crut d'ailleurs un instant qu'il y avait trois Loré en piste , le Nîmois, sur tous les fronts, enchaîne les chicuelinas marchées, les quites en tapatias, les passes à une main afin de placer et replacer ce toro. A la muleta, le voici au centre plus droit qu'un piquet. On hallucine à nouveau en pensant apercevoir deux crocs au coin de ses lèvres. Même le toro a peur de ce type dix fois plus encasté que lui. Un double cambio dans le dos l'amadoue définitivement. Et pourtant, la corne passa à un quart d'épaisseur de papier à rouler de la fémorale de Loré. Hier, le Gardois aurait donné des muletazos aux pyramides, à l'Orient Express en gare, à tous les cargos échoués ici et là. Il aurait plié Machiavel, convaincu Landru de se rendre, Napoléon d'éviter Waterloo et la mère Denis de s'acheter un séchoir électrique.

 

Photos : Alain DAMIE

      

Dans l'ordre, il y eut un cornu long à s'élancer qu'il obligea en permanence à avaler sa bouillie, une seconde bête conciliante mais un brin faiblarde, reçue d'une larga au fil des planches. Cet Iban le crocheta à la jambe gauche, lui déchiquetant le côté de la culotte. Revenu au callejon, son entourage, sorte de mécanos de la F1, s'empressa autour de sa cuisse : « Fichez-moi la paix avec votre sparadrap », leur murmura-t-il. Cette faena initiée assis sur le marchepied fut claire, précise, modelée en douceur avec des naturelles « al dente » prolongées jusqu'à la rupture de l'équilibre. Cela devenait important, définitif, osons-le : historique. Loré enfonçait le clou. Ce torerazo de 37 ans qui n'a connu comme tapis de fleurs que ceux des bus de sa ville qu'il conduit l'hiver, méritait ce triomphe. De grâce, faites-lui place ! Il vaut largement tous les Pepito de la Punta del Bec d'Ambès qu'on nous rabâche saison après saison.

    

    

Que dire alors de son ultime combat face au dernier Baltasar, véritable concentré de contrariétés ? Ce toro pouvait vous citer chaque parfum des femmes sur les gradins. Capable d'énumérer tous les prénoms, connaissant le latin, le copte et le patois de Montendre-Sud, il incarnait à lui seul quatre siècles de cauchemars taurins. L'unique défaut dont il était exempt, c'est qu'il ne continuait pas ses fourberies latérales. Il plongeait sur l'homme mais s'arrêtait net. Denis l'a entrepris quarante fois, les yeux dans les yeux, les poignards dans le gilet. A toi, à moi ! Ou toi, ou moi ! Le genre de bataille d'où personne ne sort indemne. On avait froid, on avait chaud. Imaginez alors la clameur remerciant ce garçon qui est même parvenu à être l'ami de son ombre. Et à n'avoir dans ses veines qu'honneur et probité. Imaginez comment s'endormir après cela.

    
El Fundi
a tout tenté, creusé cent puits, arraché mille hectares pour trouver une goutte d'eau, un soupçon de fraîcheur. Trois toros inservables face à la dignité de cet immense professionnel.

 

                                                                                                         Zocato, envoyé spécial Olivier Mageste

   

Dimanche 15 mai VIC FEZENSAC

Arènes de Vic Fezensac : Féria de Pentecôte

Temps : ciel couvert.

Durée : 2 H 15

Entrée : Plaza pleine

Toros : Criado Holgado

Denis Loré (Bleu clair et or) : Salut et salut au tiers

Luis Vilches (Rouge et or) : Ovation au tiers et oreille.  

Serafin Marin (Bleu outre mer et or ) : 2 avis divisions d'opinions et bronca

 

Article Corridas.net du 16 mai 2005

    

Oreille pour Vilches, bonne corrida de Criado Holgado

      

Superbement présentée, la corrida de Criado Holgado fut intéressante de bout en bout. Hauts, longs, notamment les troisième et cinquième, qui arrivait à hauteur du burladero. Sosos et difficiles le premier et quatrième, nobles à divers degrés les quatre autres, très bon le second. Tous furent exagérément et mal piqués. Denis Loré salut et salut, Luis Vilchez ovation et oreille, Serafin Marin divisions d'opinions et bronca.

Le premier de Denis Loré sort abanto et ne livre pas sous la cape du nîmois. Le toro prend deux piques sans pousser la cavalerie et sort affaibli par l'épreuve. Loré brinde au public et réalise une bonne entame de faena tout en douceur. Le toro se décompose (se raja) et devient avisé. Loré s'arrime mais ne peut rien tirer du Criado. Un pinchazo, un estoconazo, le toro est mort mais peine à tomber.

Photos : André Viard et Philippe Gourgues

   

Son second est lourd et sort avec de meilleures dispositions. Loré en profite pour dessiner quelques bonnes véroniques. Le toro prend deux piques en poussant plus avec la tête qu'avec le corps. Le français brinde à Marcel Garzelli et Jean-Jacques Baylac. La faena est décousue car le toro se décompose et n'autorise pas de séries liées. Loré fait front, arrache quelques muletazos à la pointe des cornes et conclut d'une superbe estocade.

     

      

Luis Vilches réceptionne son premier par un capeo alluré. Le toro pousse bravement à la premier rencontre au cheval, mais se fait châtier durement à la 2ème pique. Manolo Corona salut montera en mains après deux belles poses. Vilches brinde au public et débute la faena par deux trincheras de cartel. Le toro est noble et bon. Le sévillan réalise plusieurs séries templées sur le côté droit et termine par des doubles pechos plein d'à propos. Le public lui demande d'essayer à gauche, il s'exécute et prend une voltereta impressionnante. Merci pour lui ! Il revient pour de nouveaux derechazos et on se dit alors qu'il est parti pour couper deux oreilles avec force. Deux pinchazos, une ½ épée, un nouveau pinchazo, un avis, une atravesada et un descabello les font s'envoler... Ovation au tiers tout de même en souvenir de l'excellente faena.

     

Le cinquième est un tio aussi haut que les chevaux de pique. Il prend une première pique sans fijeza et on frôle le drame dès qu'il sort du cheval, le peon Corona trébuche et le toro le cherche au sol, le quite de ses compañeros est salutaire. Vilches récidive dans sa prestation. Il enchaîne des très bonnes séries à droite, hausse progresivement le ton de sa faena mais le toro se décompose sur la fin. Le torero conclut d'un pinchazo, une entière basse mais efficace. Une oreille.

   
Serafin Marin ne peut pas réaliser de véronique correcte devant son premier qui sort manso et abanto. La 1ère pique est forte et le toro pousse par à coups. Sous la 2ème ration le toro se colle au peto et subit un nouveau châtiment exagéré. Le toro est noble et embiste museau au ras du sol. Marin débute bien sa faena et lie deux bonnes séries sur le côté droit. Malheureusement, le torero barcelonais ne profitera pas pleinement des qualités de ce toro malgré quelques jolis gestes. Deux pinchazos, deux avis, une entière.

    

Le dernier sort fuyard et distrait sans se fixer sous la cape. La 1ère pique est donnée par le cheval de réserve et le cavalier ne se prive pas pour infliger une véritable correction. La 2ème pique est mal exécutée et le public le fait savoir. César Perez se distingue aux palos et salue montera en mains. Le toro a de la classe, Marin débute bien sur le côté droit puis change de main et, sans raison apparente, abrége sa faena. Deux épées dans le flanc, 2 pinchazos, 2 descabellos, bronca. Arènes pleines, temps incertain, public cahotique dans ses réactions.

    

DIMANCHE 3 JUILLET GRAU DU ROI

   

Arènes du Grau du Roi : Corrida de clôture de la Feria

Temps : ciel dégagé.

Durée : 2 H 25

Entrée : 1/2 arène

Toros : Salayero y Bandrès, 520, 510, 490, 500, 500 et 530 kg

Denis Loré (Chartreuse de Parme et or) : Oreille et 2 oreilles

Marc Serrano (Goéland de Port-Camargue et argent) : Vuelta et oreille.  

Javier Castaño (Ciel du Vaccarès et or ) : 2 oreilles et oreille

                        

Terres Taurine 

LORÉ ET CASTAÑO A HOMBROS

   

La corrida de Salayero y Bandres, qu’on pouvait attendre faible et fade, s’est avérée mobile, allègre et suffisamment forte pour supporter la centaine de passes que doit comporter une lidia moderne. Tous ont chargé à l’allure du galop, ont fait leur devoir avec plus ou moins de brio au cheval et se sont engouffrés tête basse dans les leurres. Le quatrième qui s’éteignit dés la deuxième série de derechazos  fut le moins collaborateur et le cinquième, celui qui transmit le plus.

 

Photos : Alain Damie

   
Plus rien ne résiste à Denis Loré depuis,  qu’à l’instar des plus grands, il  parvient à s’imposer aux toros sans les déranger.  C’est ainsi qu’ à son second,  qui fléchit et s’éteint dès la seconde série de derechazos, il inventa littéralement une faena qui n’existait pas.  Son adversaire ne lui donnant plus rien, chaque passe fut une trouvaille technique pour obtenir un minimum de trajectoire. Insistant dans tous les terrains Denis prouva  être armé pour aller chercher les oreilles là ou elles ne sont pas, et il en coupa deux au seul Salayero qui refusait de les donner. Très en confiance (il donne l’impression de ne plus ressentir la peur) il coupa aussi une oreille à son premier qui manqua un peu de force pour  permettre le triomphe. Comme à son habitude il tua superbement.

    

    

   
Marc Serrano à beaucoup travaillé pour  transformer son toreo qu’on disait froid, en un chant plus chaud et coloré. A court de compétition, il ne put se hisser au niveau de ses compagnons de cartels,  mais signa une performance intéressante.  Du reste s’il avait mieux tué il serait sans doute sorti à hombros, lui aussi.

   
A son premier Javier Castaño mit du temps pour trouver la bonne distance. Ce réglage obtenu, il aligna des naturelles de trois mètres de longs où son adversaire montra toute sa classe. Il finit par un numéro d’encimisme inspiré, agrémenté d’un 360° donné genoux en terre. Deux oreilles en dépit d’une lame entière mal placée au milieu des reins. Le même scénario se répéta au faible dernier  tué sans brio d’un tiers de lame et descabello. Une oreille. ½ arène, public averti et courtois..

  

                                                                                                                            Frédéric Pascal

          

DIMANCHE 17 JUILLET FRÉJUS

    

Arènes de Fréjus : Seconde corrida de la féria de la Côte d'Azur

Temps : Temps splendide.

Durée : 2 H 29

Entrée : ½ entrée

Toros : Criado Holgado

EL FUNDI (ocre & noir) : 1 oreille – 2 oreilles.
Stéphane FERNANDEZ MÉCA (évêque & or) : silence – 1 avis et 1 oreille.
Denis LORÉ (parme & or) : vuelta – 1 oreille.
   

Corrida.tv

TRIOMPHE DE FUNDI

Le matador de toros espagnol El Fundi est sorti en triomphe par la Grande porte des arènes de Fréjus (Var) à l'issue de la corrida qui s'est déroulée ce dimanche, en fin d'après-midi, après avoir coupé un total de trois oreilles face au bétail de Palha, propriété de l'éleveur portugais João Folque de Mendoça. Ce succès du torero originaire de Fuenlabrada a été accompagné par le tour de piste final du mayoral de l'élevage, Joaquim Carlos Santos, en récompense du spectacle fourni en piste par l'ensemble du lot. L'amphithéâtre romain a enregistré une demie entrée pour cette seconde corrida de la féria de la Côte d'Azur qui s'est déroulée sous un temps splendide.

   

Le cartel, hispano-français, réunissait José Pedro Prados El Fundi, Stéphane Fernandez Méca et Denis Loré, opposés à six toros de Palha, bien présentés et diversement armés, braves et spectaculaires au cheval (chute au 6e), imprimant race et fixité, et donnant un jeu varié (le toro le plus complet fut le 4e, brave et puissant en deux rencontres très mal dosées, spectaculaire et vibrant à la muleta ; ce toro, sorti en 4e position, Africano, n°646, negro, 500 kg, né en octobre 2000, honoré d'un tour de piste posthume ; 5e, également très brave en trois rencontres plus une quatrième au regatón, avec la musique jouant pendant son interprétation, encasté et mobile mais s'éteignant progressivement ; 1er et 2e, spectaculaires et vibrants de charge bien que plus incommodes pour le toreo, mais transmettant au public ; 6e, encore spectaculaire au cheval et poussant avec vigueur sous le fer, puis collant et arrêté au troisième tiers ; le plus compliqué fut le 3e, mansito, distrait et ne se fixant que rarement dans le leurre en dépit de quelques assauts isolés violents et généreux mais sans continuité).

   

6 toros de PALHA (15 rencontres à la cavalerie – 1 chute du groupe équestre au 6e), bien présentés et diversement armés, braves et spectaculaires au cheval, imprimant race et fixité, et donnant un jeu varié (le toro le plus complet fut le 4e, brave et puissant en deux rencontres très mal dosées, spectaculaire et vibrant à la muleta ; ce toro, sorti en 4e position, Africano, n°646, negro, 500 kg, né en octobre 2000, honoré d'un tour de piste posthume ; 5e, également très brave en trois rencontres plus une quatrième au regatón, avec la musique jouant pendant son interprétation, encasté et mobile mais s'éteignant progressivement ; 1er et 2e, spectaculaires et vibrants de charge bien que plus incommodes pour le toreo, mais transmettant au public ; 6e, encore spectaculaire au cheval et poussant avec vigueur sous le fer, puis collant et arrêté au troisième tiers ; le plus compliqué fut le 3e, mansito, distrait et ne se fixant que rarement dans le leurre en dépit de quelques assauts isolés violents et généreux mais sans continuité).

   

El Fundi a coupé une oreille face au premier toro de la corrida puis a ravi deux pavillons à l'issue de sa seconde faena. Le torero madrilène a retrouvé ses repères face à un lot important de Palha, même si la conduite de ses lidias n'a pas été exemplaire – notamment face au 4e toro – et s'il n'a pas posé les banderilles devant le torito d'ouverture, qui a particulièrement mis en difficultés les hommes vêtus de lumières. Généreux sous la pique, le premier toro de l'après-midi a donné pas mal de répondant et de soucis au Fundi, pourtant habitué aux luttes de haut vol. Spectaculaire pour le public mais fort incommode pour le torero, le Palha s'est montré particulièrement incisif dans ses charges, accrochant souvent la muleta du torero de Fuenlabrada. Après une entière engagée au second essai, le toro a fini par se rendre après une belle mort, matérialisée par l'émouvante résistance de ses quatre pattes, bouche fermée.

   

Le protégé de Robert Pilès n'a pas été en mesure de mettre en valeur comme il se devait le 4e exemplaire, particulièrement mobile, et dont la bravoure n'a pas été montrée sous son meilleur jour par manque de coordination en piste entre le maestro et son banderillero de confiance. Le Palha a promené avec force et régularité le cheval du picador Jesús Vicente jusqu'au centre de la piste, faisant preuve d'une bravoure et d'une combativité affirmées. Imprimant un galop toujours aussi important aux banderilles, le Palha a ensuite été au centre d'une faena d'intensité croissante et menée de main de maître par le Fundi, qui a su doser un toreo calme et alluré. Profitant idéalement des qualités de son adversaire, José Pedro a lié une faena douce et mesurée, comprenant quelques détails de muleta très fins ainsi qu'une main droite idéalement basse. Plus a gusto avec le toro, le Fundi a réussi à s'imposer sur les deux côtés, notamment sur une dernière série de naturelles avant des passes finales par le haut supérieures. Auteur d'un grand estoconazo, le Fundi a pu récolter deux nouvelles oreilles d'un grand toro, qui lui a rendu la confiance et le goût de toréer avec un petit passage à vide.

   

Stéphane Fernandez Méca a écouté un silence à l'arrastre du 2e toro puis a coupé l'oreille du 5e exemplaire, n'effectuant pas la vuelta et regagnant l'infirmerie pour une crise d'hypoglycémie. Honoré à l'issue du paseo, le torero nîmois a eu du mal à contenir son émotion pour sa dernière corrida dans l'amphithéâtre varois. Submergé par l'émotion, il n'a d'ailleurs pas été capable de donner la vuelta au 5e exemplaire, regagnant l'infirmerie à cause d'une crise d'hypoglycémie, favorisée par son état général d'émotion et le fait qu'il ne s'était pas alimenté à la mi-journée. Son premier adversaire, spectaculaire dès son entrée en piste, s'est malheureusement abimé en effectuant une vuelta de campana à la cape, conséquence directe d'une réception trop brusque par véroniques et chicuelinas alternées. De ce fait, la monopique a dû être appliquée de façon très légère. Muleta en main, le Nîmois a eu du mal à tenir la distance car le toro, présentant une charge « pied au plancher », ne lui a pas laissé un moment de répit. Stéphane a fini la faena totalement vidé à l'issue de trois séries principales. La première, effectuée à droite, a permis d'apprécier la transmission du toro, qui, conduit sur une longue distance, a décrit deux circulaires complètes autour du torero nîmois. Sur la fin de la faena, Fernandez Méca a malheureusement plus subi que conduit les assauts du Palha.

   

Désireux d'obtenir un dernier succès dans des arènes qui lui ont toujours porté bonheur, Stéphane Fernandez Méca a lancé ses dernières forces dans le combat du 5e exemplaire. Le torero nîmois a été l'auteur d'un tiers de piques encore une fois magnifiquement orchestré grâce à la précision de ses mises en suerte : trois piques parfaitement dosées, avec le toro placé chaque fois plus loin au fur et à mesure que celui-ci venait manifester avec classe sa bravoure sous le fer du Chano. Fixe à la pique, le toro de Palha a également transmis de l'alegría au public fréjusien, ravi de l'interprétation de ce tiers de piques qui s'est conclu par une quatrième rencontre al regatón et l'intervention de la musique pendant celle-ci. Bouche fermée, le toro a bien répondu aux sollicitations de Stéphane en début de faena. Le Nîmois s'est appliqué à conduire le toro, main basse, se montrant en revanche plus emprunté sur la corne gauche. A partir de là, la faena a commencé à décliner à l'unisson du toro qui n'a pas favorisé l'enchaînement des muletazos. Conclusion décevante pour un combat qui avait enchanté la totalité du public varois.

   

Denis Loré a effectué une vuelta à l'issue de sa première prestation puis a coupé l'oreille du dernier toro de l'après-midi. L'autre torero nîmois de la journée a été particulièrement malchanceux, héritant du plus mauvais sorteo. Son premier adversaire, doté d'une charge incertaine et sans classe au fer, ne s'est quasiment jamais fixé dans les leurres, manseaut dans ses déplacements et ne mettant donc pas en confiance les banderilleros. Avec un professionnalisme à fleur de peau, le protégé de Jean-Marie Bourret a su s'imposer dès la première série de muletazos par des naturelles autoritaires, laissant le toro aller dans le terrain du toril. Doté d'un souffle très fort, le toro de Palha s'est par la suite rendu à la technique du Nîmois, excellent sur deux séries droitières, main basse, malgré le manque de continuité de l'animal dans ses assauts. Malheureusement, cette faena construite avec patience et intelligence a été gachée à l'épée après un final supérieur par aidées par le haut.

        

Incommode à la cape, le dernier toro de la corrida de Palha a une fois de plus été au centre d'un tiers de piques très animé, envoyant Nicolas Bertoli au tapis lors de la première rencontre. Par la suite, le picador arlésien a dosé deux bonnes piques au cours desquelles le Palha a poussé avec vigueur. En revanche, celui-ci s'est avéré très difficile à déplacer et le Fundi a eu toutes les peines du monde pour le remettre en suerte. Plutôt distrait, le toro n'a pas facilité les affaires de Denis Loré. Ignorant ces carences, le torero nîmois a réalisé un nouvel effort face au caractère collant et inconstant de son adversaire. Baissant la main droite avec une torería affirmée, Denis a maintenu sa faena à un bon niveau en dépit de deux avertissements particulièrement salés de la part du Palha. Après un estoconazo, le torero nîmois a lui aussi pu récolter une oreille en toute justice.

   

Christophe Chay

     

DIMANCHE 31 JUILLET 2005 BEAUCAIRE

   

Arènes de Beaucaire : Corrida des Estivales

Temps : Ciel dégagé, température estivale, pas de vent.

Durée : 2 H 20

Entrée : 4/5 d'arène

Toros : Hubert Yonnet 480, 490, 520, 500, 530 et 510 kg
Stéphane FERNANDEZ MÉCA (jus de tomate de Châteaurenard & or) : 1 avis et saluts – 1 avis et applet - 1 oreille.
Denis LORÉ (souris des villes & or) : saluts et silence

Julien LESCARET (Médoc grand cru & or) : blessure.

 

Article Midi Libre du 1er Août 2005

            

Décevente et dangereuse corrida de Yonnet

 

Un seul trophée et pas mal de souffrances.

Depuis bien longtemps les arènes de Beaucaire, pour les cartels proposés fin juillet dans le cadre des annuelles Estivales, n'avaient autant rassemblé d'aficionados que celui affiché hier avec des composantent exclusivement françaises. Pour cette journée aux couleurs nationales, superbe entrée sur les gradins, temps idéal pour le public et les toreros, mais, malheureusement au bilan, résultat sans vrai brio.

  

De présentation correcte mais assez inégale ( le sixième présentait une armure endommagée), le lot d'Hubert Yonnet, avec des charges irrégulières pour plusieurs des pensionnaires, et surtout un danger évident extériorisé par au moins trois d'entre eux, ont très vite limité le relief d'une corrida qui promettait d'avoir une physionomie très entretenue.

  

Pour sa présentation sur le sable beaucairois, Julien Lescaret vit d'entrée la malchance le poursuivre et la souffrance l'accompagner. Non content d'avoir hérité d'un adversaire particulièrement incommode et impropre à dessiner une faena liée et construite, le jeune maestro du Sud-Ouest, en portant l'estocade, fut spectaculairement soulevé par la corne, subissant une blessure douloureuse au mollet gauche l'obligeant à quitter les arènes, à être transporté à l'infirmerie, puis à l'hôpital Kennedy de Nîmes pour y être opéré hier soir.

  

Pareille difficile journée pour Denis Loré qui, avec un cran toujours admirable et une vaillance de tous les instant, eut à se mesurer à deux opposant d'un danger pressant et comparable. Évitant d'extrême justesse la cornada, le matador nîmois, étala courage et engagement, responsabilité et valeur, mais, devant le pire lot de la corrida, dut se résoudre à quitter les Estivales sans oreille. Conservant la reconnaissance intacte, évidemment, des aficionados présents.

  

Pour la journée qui marquait ses adieux sur le sable de Beaucaire. Stéphane Fernandez Meca faillit bien à son tour fêter son départ sans pouvoir remercier, un trophée en main, l'aficion locale pour son soutien. Face aux toros de Yonnet qui lui échurent d'abord, le maestro, avec énergie et fermeté se dépensa sans compter, traça devant son second adversaire des séries de redondos particulièrement ardentes après un tercio de piques qui valut à son picador un vrai succés personnel, mais perdit avec l'épée tout le bénéfice de ses effort. Ce n'est finalement qu'en toute fin de corrida, combatant le toro normalement réservé à Julien Lescarret, que le torero réussit à signer une faena soulignant et récompensant sa valeur. Au cours d'une lidia dynamique offerte à un adversaire mobile et de caste, il parvint enfin à imposer sa loi. Et à faire éclater son bonheur.

  

                                                                                                                Rolland Massabiau  

   

LUNDI 15 AOÛT BÉZIERS

Arènes de Béziers : Feria de béziers

Temps : Temps splendide, assorti d'un vent prononcé.

Durée : 2 H 30

Entrée : Quasi-plein

Toros : Hubert Palha 560, 545, 555, 540, 550 et 535 kg

EL FUNDI (Vert empire & argent) : Salut au tier - Silence.
Stéphane FERNANDEZ MÉCA (Blanc & blanc) : Silence - Bronca.
Denis LORÉ (Ivoire & or) : Oreille - Avis et silence

   

Article Midi Libre du 16 Août 2005

     

Loré surnage, Meca emporté par la houle

      

Drôle d'après-midi de toros que celle vécue, hier, aux arènes de Béziers par 10 000 spectateurs. La corrida de Palha très attendue en raison d'un contexte polémique (une affaire, encore pendante, de cornes de toros de cet élevage sur lesquelles pèse un soupçon de manipulation frauduleuse) s'est avérée aussi âpre que superbement présentée, les six exemplaires à la bravoure très variable s'avérant le plus souvent être de très retors opposants faisant souffler la tempête en piste.

    
Sur la foi de sa maîtrise technique, El Fundi (saluts et sifflets) a su naviguer malgré un gros grain devant son premier qui avait des envies de meurtre dès les banderilles.
   
Le Madrilène ne se démontait pas et faisait front avec décision. Il eut plus de difficultés avec son compliqué second mais s'en sortit dignement.
   
Denis Loré (oreille et applaudissements) a commencé son après-midi en liant quatre véroniques pieds joints avec beaucoup de suavité, avant de profiter de la charge de son opposant via une superbe entame droitière. Avec mérite il tirera des naturelles au compte-gouttes et emballera le tout par des statuaires hiératiques avant de conclure d'un beau coup d'épée. Soit l'ensemble le plus complet de ce 15 août. Il ne restera pas comme un jour parfait pour le Nîmois car il ne put hélas que peu entreprendre avec un sixième très vite arrêté.
    
Reste Stéphane Meca (sifflets et bronca) qui aura commencé sa journée par une standing ovation de cinq minutes saluant sa proche retraite, avant de l'achever sous les lazzis d'un conclave en ébullition. Qui, après l'avoir gentiment chahuté à l'issue de son premier combat, le prit carrément en grippe quand il s'avéra très peu présent lors des deux premiers tiers de son second. Et, alors que devait débuter la faena, le public de réclamer narquoisement, sur l'air des lampions, l'entrée en piste des subalternes. Vexé, non sans raison mais dans des proportions démesurées, le Nîmois n'esquisse même pas un début de faena, prend l'épée et couche son toro, devant des gradins ulcérés qui lui tournent le dos. En guise de cérémonie d'adieux, il avait certainement rêvé mieux que ce naufrage.

                                                                                                           Vincent COSTE

    

DIMANCHE 21 AOÛT SAINT GILLES

    

Arènes de Saint Gilles : Feria de la Pêche et de l'Abricot

Temps : Ciel couvert avec quelques gouttes de pluie et vent intermittent.

Durée : 2 H 25

Entrée : 2/3 d'arène

Toros : Margé 480, 490, 460, 520, 500 et 510 kg

Denis LORÉ (Chardon des Pyrénées & or) : vuelta et oreille avec avis

Julien MILETTO (Piment de Cayenne & or) : Oreille et 2 oreilles.
Jonathan VEYRUNES (Muleta et argent) : Oreille avec avis et saluts 

Article Marseillaise du 24 Août 2005

   

HABEMUS TOREROS ET TAUREAUX

    

Il faisait un temps à hésiter à mettre un aficionado dehors !

Vent violent, grisaille, quelques gouttes de pluie à mi-course mais des taureaux et des toreros : la bande à Margé, solide, bien armée et de présentation irréprochable fit honneur à ses couleurs, autorisa de vrais tercios de piques, contraignit les hommes à s'exposer et à se donner, installa les soleils sur les visages. Que les uns et les autres soient Français rend la fête plus belle et sans chauvinisme aucun il est bien  agréable de constater et de dire : nous avons, nous aussi, de bons taureaux, de bons toreros, les uns et les autres méritent davantage de considération que celle qui leur est généralement accordée.

   

Denis Loré, pour avoir maîtrisé les dangers présentés par l'une et l'autre corne, et, stoïque, livré combat à son premier adversaire, lui avoir imposé les règles du jeu, être resté à la merci des cornes avant d'envoyer une grande estocade, Denis méritait mieux que la vuelta. Ah ! être chef de lidia. Un quite en chicualinas et serpentina, les naturelles fluides, une autorité jamais démentie, ce fut comme un cours de bonne tauromachie offert à ses jeunes collègues : les descabellos n lui autorisèrent qu'une oreille, mais que buen torero ese torero me dit mon voisin –qu'il est bien ce torero).

   

Habile capotero, Julien Miletto offrit deux faenas allant du bon à l'excellent. A la fois concentré et détendu, souriant, il se montra délicat et ferme, sa muleta fut d'une étonnante maîtrise pour jeune torero aux rares contrats, plus encore lors de sa seconde intervention. Sous les yeux du frère de César Ricon, vivement intéressé, il fit évoluer un manso violent, avec une gracieuse sûreté il en transforma les brusqueries, obligea, capta et conduisit l'anima, conclut par une estocade immédiate.

   

Jonathan Veyrunes, face un excellent taureau, Jonathan, très tendu, ne laissa pas passer l'occasion. Après un quite en trois chicuelinas millimétrées il dédia à l'assistance et prouva que son alternative n'était pas due au hasard. Quel mérite pour ce garçon exerçant pour la deuxième fois seulement de la saison ! Face au second il débuta bien, baissa, étira le bras, puis les cornes accrochèrent la muleta, à mi-faena ; il revint chaque fois, mais le charme était rompu. Deux grandes estocades.

  

La féria de Saint-Gilles aura consolé bon nombre d'aficionados de désillusions vécues tout au long de cette saison qui tire à sa fin, et prouvé que les jeunes valeurs existent dans cette région, qu'ils ont en Denis Loré un modèle qu'ils n'ont pas seulement à respecter pour ce qu'il est, mais pour son inébranlable foi, pour ce qu'il fait.

 

                                                                                                            J CL LORANT-RAZE

          

SAMEDI 3 SEPTEMBRE BAYONNE

 

Arènes de Bayonne : Feria de l'Atlantique

Temps : Temps beau et chaud, se couvrant progressivement, légère brise.

Durée : 2 H 17

Entrée : 4/5 d'arène

Toros : Valdefresno 501, 471, 471, 486, 556 et 508 kg

Denis LORÉ (Ivoire & or) : Salut au tiers et salut au tiers avec avis

EL CID (Moutarde & or) : Salut au tiers et oreille.
Miguel Angel PERERA (Blanc et or) : Oreille et salut au tiers 

Article Sud-Ouest du 4 Septembre 2005

    

AUTANT EN EMPORTENT LES MULES

Les Valdefresno ont mis du coeur à l'ouvrage.

Mais les matadors n'ont pas forcé leur talent, excepté Loré, qui tua mal

    

Il faut saluer en tout premier lieu la fine et belle présentation du bétail de Valdefresno et Fraile Mazas (le cinquième).

Des cornes élancées, le poil encaustiqué, d'attaches légères comme les pur-sang, ces toros de bascules parfaites (471 à 556 kg; moyenne 499) eurent ensuite un comportement fort honorable sous le matelas (douze piques) où l'on remarqua la juteuse bravoure de ce cinquième exemplaire. Enfin, et ce n'est pas la moindre chose, félicitons-nous du commerce agréable de ces bêtes à la muleta. Souvent de la noblesse à revendre, même si les bougies manquaient parfois de longue cire. Donc, on pouvait toréer. Au risque de passer pour « M. Glandu », l'éternel râleur de Thierry Le Luron, avouons pourtant que deux petites oreillettes à l'arrivée paraissent un maigre lot de consolation. Dans d'autres mains et d'autres temps, sept à huit trophées auraient été exhibés sans triomphalisme notoire.

    
Faisons les comptes : d'abord Denis Loré,
revenu en terre basque prouver qu'il est torero de la tête aux pieds. Ce garçon qui d'habitude estoque des guêpes en plein vol s'est hier fourvoyé chaque fois, ne plaçant qu'au troisième jet les superbes épées que tous attendaient. Adieu deux pavillons. Il les méritait. Sa première faena débutée au centre par un triptyque « cambio-molinete-cambio bis » connut des zig-zags dus au frontal désordonné du premier toro. Mais, peu à peu, Denis se faisait moins accrocher le tissu, les muletazos gagnaient en arrondi, le toro comprenait qu'il avait un maître. Tout ceci bien sûr avant les loupés sabre au clair.
Le quatrième Valdefresno marche en tourteau. Ce défaut, magnifiquement corrigé par le lancier camarguais Nicolas Bertoli, permet à Loré de bâtir selon nous le meilleur bouquet de naturelles de la soirée. La muleta presque sous le sable, Denis rectifie vite quelques touchettes et enlace trois séries franchement savoureuses. Le public et Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes, à qui Loré a brindé ce toro, applaudissent pour de vrai. C'est juste, croisé, au milieu du leurre, authentique. Même le pecho conçu et conduit à terme en regardant les balcons restera comme une signature de toreria. Mais là encore les armes se sont enrayées.

    
Le grand toro de la course, Comisario, numéro 10, sortit en seconde position. Un toro pour faire fortune, le ticket seul à l'Euromillions, 1 000 hectares à Marbella. El Cid l'a enroulé de façon convenable. Il y eut un certain temple et une cadence réelle dans les retours doublés par le haut. Oui... mais. La mention « pouvait mieux faire » a longtemps garni nos carnets scolaires. Hier, elle s'appliquait à la lettre au Cid. Il salua après un pinchazo et une entière alors que deux oreilles devaient remplir sa gibecière. Il en coupa une au cinquième toro suite à une faenita propre quoique sans âme et languissante.

    
Quant à Miguel Angel Perera,
retenons de lui quatre magnifiques gauchères au troisième cornu, un huit inversé joliment négocié plus une estocade majeure en restant stoïque devant le berceau. A l'ultime toro, d'élégants derechazos précéderont une séance de derviches tourneurs dont il aurait pu se passer. Le tout conclu d'une lame basse.
Bref, vous ne nous ôterez pas de l'esprit que derrière les mules il y avait des dépouilles et sur elles des appendices qui n'auraient jamais dû connaître l'étal.

                                                                                                                                    Zocato

      

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE NÎMES

   

Arènes de Nîmes : Feria des Vendanges

Temps : Ciel panaché, rafales de vent violentes en première partie.

Durée : 2 H 40

Entrée : 8000 spectateurs

Toros : Samuel et Agustine FLORES 482, 478, 491, 471, 460 et 578 kg

Stéphane FERNANDEZ MECA (Roi de France & Or) : deux avis avec sifflets et ovation

Denis LORÉ (Lavande de la basse Drôme & or) : deux avis avec silence et oreille

JAntonio FERRERA (Curaçao & or, avec parements noirs) : Oreille et 2 oreilles.
 

Article La Provence du 18 Septembre 2005

       

LORÉ SE BAT, FERRERA COUPE, LES FLORES BRILLENT

Le vent a tout compliqué.

Émergent le courage de Loré et la grandeur du 6° toro malgré les 3 oreilles de Ferrera

   

Un truc de ouf ! Denis Loré a vécu un après-midi de fou dans "ses" arènes de Nîmes hier. Le vent s'est invité lors de sa première faena et c'est donc la muleta souvent à l'horizontale, face à un Lopez Flores qui n'avait pas besoin de ce genre d'hésitation, que le Nîmois se battra pour arracher, après un avis, une seule vraie passe. Entre-temps le public a soutenu à juste titre son torero, l'invitant à se rapprocher du toril là où le vent était moins casse-pieds. La mort tardera face à un collaborateur aussi difficile à fixer que les capes en plein vent. Silence pour ce combat, mais une énorme oreille pour le second. En, sortant, ce 5eme a impressionné par sa présentation. Pas énorme (460 kg), il compensait en étant veleto (cornes hautes, larges et fines). Plutôt mou au cheval (3 rencontres) il sera difficile durant la faena. Loré, aux planches, se fera cueillir par le gilet... Les minutes séparant le public de la port de Carjuteso seront hyper tendues. Loré a tout tenté, s'est engagé, et chaque fois les "fameuses" cornes le cherchaient, Près, tout près. Vraiment, c'était un truc de fou.

   

Merci Monsieur Loré.

       

Remerciements nourris, aussi, pour Meca. L'autre Nîmois du jour est sur le départ, il a moins forcé ses talents. Il s'est plus battu avec le vent qu'avec son premier qui, sans vices apparents, ne demandait que de la fermeté. Le public est resté courtois face à une mort difficile. Le second, brindé à sa famille, son garçon en barrera, se pliera à une faena monotone. Malgré d'insistant applaudissements, Meca ne sortira pas des barrières après son dernier combat dans ses arènes de Nîmes...

     

Après-midi émouvant et éreintant pour les Nîmois, corrida "jackpot" pour Antonio Ferrera. Trois oreilles tombent du palco pour son retour dans cette plaza. C'est très bien mais, s'il revient, un peu plus de sincérité serait bienvenue. Dans les banderilles, en évitant de trop toréer avec la voix...

     

De Ferrera restera la noblesse de son dernier taureau, le 6eme (tour de piste posthume). Une petite merveille passant et repassant presque sans sollicitation. Ce Flores, à l'image du lot, a été plus qu'intéressant. Certes, la cavalerie n'a pas été mise à mal par des excès de bravoure, mais la chambrée a tenu debout et avait le mordant qu'il fallait. Dommage que le vent ait gâché une part de l'appréciation.

 

                                                                                                                         Jules ZAOUI.

     

Article Sud Ouest du 18 Septembre 2005

 

"Denis Loré a confirmé qu'il est seigneur en pays d'oc. Son premier cornu le serre de façon permanente. Lui, l'ignore, le tord, le broie. C'est maintenant le toro qui râle, abandonne et encaisse trois superbes derechazos prés du toril. Le cerf à seize cors sorti en cinquième position glace les tendidos. Le gilet arraché dès le début de faena, Loré revient entre les coutelas se battre à la Bayard. C'est un croisé au milieu de mille Sarrasins. On a le poil dressé, on se signe, on se tient le bras. Après une moitié d'épée et un descabello, la foule libère ses peurs."

    

                                                                                                                          Zocato

     

DIMANCHE 16 OCTOBRE

Festival de Bienfaisance à SAINT GILLES

au profit de l'Association EQUITE

       

Arènes de Saint Gilles : Festival taurin de solidarité

Temps : Ciel couvert.

Durée : 2 H 40

Entrée : gradins quasiment pleins

Novillos : 6 d'Andres Ramos et 1 exemplaire de Tardieu

José Antonio CAMPUZANO : deux oreilles

Denis LORÉ : deux oreilles

Morenito de Nîmes : oreille

Juan BAUTISTA : deux oreilles et la queue

Sébastien CASTELLA : deux oreilles et la queue

Julien MILETTO : deux oreilles et la queue

Jérémy BANTI : oreille

 

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